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Communiqué
le 28 février 2007


Mettre fin à l’aide étrangère… en mettant fin à la pauvreté

Le rapport du comité des affaires étrangères et commerce international sur l’Afrique subsaharienne a lancé un débat indispensable sur le soutien apporté à ce continent. En dépit des milliards de dollars que les agences et particuliers bien intentionnés d’Occident y ont dépensés, il y a encore beaucoup trop de citoyens, en Afrique, dans une pauvreté accablante. Pourtant, parmi les défis posés par le sous-développement, les conflits, la corruption et le VIH/sida, nous devons rappeler les nombreux exemples où l’aide a réellement changé des choses dans la vie des gens.

Toutefois, nos organismes sont d’accord avec la demande du comité : l’aide étrangère doit être mieux enracinée dans les réalités africaines actuelles. Les communautés directement touchées doivent détenir plus de pouvoir décisionnel quant à la manière de dépenser l’argent. C’est ainsi que travaillent la plupart des agences de coopération volontaire : en partenariat avec les groupes communautaires qui essaient de faire reculer la pauvreté.

La façon dont le Canada administre l’aide publique au développement par le biais de l’ACDI (Agence canadienne de développement international) a vraiment besoin d’être améliorée : ce que nous choisissons de soutenir autant que la façon de mieux administrer l’aide. Mais faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain? Ne perdons pas de vue les multiples succès que l’Agence soutient ! Par exemple, les efforts des volontaires canadiens dévoués que nous envoyons sur le terrain répondent à des besoins de développement exprimés par les Africains eux-mêmes.

Certes, l’aide n’a jamais été une réponse définitive contre la pauvreté. Comme le demande le comité du Sénat, nous devons examiner les politiques commerciales du Canada pour assurer l’ouverture de ses frontières aux entreprises africaines. Si les politiques commerciales internationales sont faussées en faveur des industries occidentales lourdement subventionnées, et si les fragiles marchés des pays en développement subissent le dumping de biens à un prix inférieur au prix coûtant, ça n’aide pas l’Afrique !

Nous devons, aussi, continuer à préconiser l’annulation de la dette des pays les plus pauvres du monde, et faire en sorte que les futures conditions de prêt et de subvention de la Banque mondiale et du FMI ne réduisent pas la capacité d’un gouvernement national à investir dans la santé et l’éducation. En outre nous devons prendre des mesures contre toute menace à la vie et aux droits de la personne en Afrique – au Darfour et ailleurs sur le continent.

Nous sommes d’accord avec le Sénat quand il demande un développement économique accru; toutefois nous faisons une mise en garde : soutenir la santé, l’éducation, et le dynamisme de la société civile, cela demeure critique. En fait, investir ainsi dans les gens est un préalable à la croissance économique soutenue qu’envisage le rapport. Ne pas investir dans les programmes de prévention et de traitement du VIH/sida – notamment dans des médicaments abordables et accessibles – condamnera les efforts de développement économique. Dans les pays les plus durement frappés, la pandémie du VIH/sida fauche les gens dans leurs années les plus productives, laissant l’économie locale des pays ravagée.

Même si le comité du Sénat se méfie de tout support direct aux gouvernements africains, nous croyons que le Canada peut, en finançant des gouvernements démocratiques et efficaces dans un cadre de reddition de comptes et de résultats, aider à assurer un financement approprié des systèmes de santé et d’éducation, en vue de répondre aux besoins des citoyens.

L’une des plus audacieuses recommandations du comité vise la création d’un Bureau Afrique. Tout le personnel, qu’il s’occupe de développement, de diplomatie ou de commerce, serait sous le même toit. L’idée, apparemment logique, risque en fait d’affaiblir la recommandation du comité pour un meilleur enracinement de l’aide dans les réalités de l’Afrique – les intérêts commerciaux et géopolitiques du Canada pouvant avoir préséance sur la lutte à la pauvreté. Commerce, aide, diplomatie et sécurité ont des buts interconnectés, mais bel et bien séparés.

Nous croyons qu’une vaste réforme de l’ACDI peut mener aux programmes d’aide améliorés que le rapport du Sénat demande, avec la nomination d’un ministre senior, l’acheminement au Parlement d’une proposition de cadre législatif de l’aide, et des objectifs clairs et mesurables.

Surtout jetons un regard éclairé sur notre engagement dans le développement de l’Afrique. En fin de compte, la meilleure façon de mettre fin aux débats sur l’aide étrangère, c’est de bâtir l’économie des pays et de mettre fin à la pauvreté. Pour l’avoir vu de leurs yeux, les agences de coopération volontaire du Canada savent qu’un avenir meilleur est possible, et à notre portée. Nous espérons que le rapport du Sénat aidera à nourrir le sentiment d’urgence – et non d’abattement – pour un engagement constructif et continu du Canada auprès de l’Afrique.

Signé par

Une coalition de 10 agences canadiennes de coopération volontaire :

Michel Chaurette
Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI)

Karen Takacs
Carrefour Canadien International (CCI)

Paul van der Wel
Services d’assistance canadienne aux organismes (SACO)

Don Johnston
Jeunesse Canada Monde

Jean-Marc Mangin
CUSO

Parker Mitchell
Ingénieurs sans frontières

Pierre Véronneau
Oxfam-Québec

Suzanne Guay
Solidarité Union Coopération (SUCO)

Mary Stuart
VSO Canada

Paul Davidson
Entraide universitaire mondiale du Canada (ÉUMC)

-30-

Pour de plus amples renseignements :

Patrick Lohier,
Agent d'engagement du public
Tél. : (416) 961-2376 poste 236
plohier@ceso-saco.com

 

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