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Services internationaux
Comment parler de l’espoir? Dans un camp en Géorgie, vous commencez avec les personnes qui ont tout perdu.
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 Des milliers de personnes déplacées à l’intérieur du territoire vivent dans des camps dans la région de Gori, en Géorgie, où les emplois sont rares.
Toutes les photos sont d’Irina Edilova. | En novembre dernier, l’Association géorgienne des femmes en affaires ont accueilli la bénévole canadienne Rheba Adolph, dans un village situé à environ huit kilomètres de Gori bombardée, en Géorgie. Adolph est entrée dans une maison d’une pièce et s’est trouvée devant un groupe de 15 bénévoles, qui étaient tous là pour apprendre comment aider certains des milliers de personnes traumatisées qui ont été déplacées durant la guerre, l’an dernier, et elle leur a dit que leur mission était presque impossible à accomplir.
Ils se tenaient debout sur le sol herbeux, à l’intérieur d’une maison ressemblant à un abri fortifié, éclairée d’une seule lumière venant d’une ampoule se balançant du plafond, et dont les murs lézardés laissaient passer des insectes rampants. « C’est la chose la plus difficile que vous aurez à accomplir », leur dit-elle. « Vous devrez faire comprendre à ces personnes vivant dans le camp qu’elles ne retourneront pas à leur ancienne vie, car elles ne retourneront pas à la maison. » Cette travailleuse sociale à la voix douce, forte d’une expérience de 25 ans, a regardé les bénévoles : des ingénieurs, des professeurs, des fermiers, des banquiers, tous très éduqués. C’était évident qu’ils connaissaient déjà cette mauvaise nouvelle, mais personne ne le leur avait dit de façon aussi directe que Rheba Adolph l’avait fait. Ils avaient tout perdu, même l’espoir, à ce qu’il semblait.
« Vous pouvez partir, si vous le désirez », leur dit-elle doucement dès le premier jour. Certains se sont mis à pleurer, mais tous sont restés. Ils avaient du travail à faire dans le soi-disant village.
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 Un village près de Gori.
 Cette résidente d’un camp à Gori décrit les habitations minables et les problèmes de santé de la colonie de peuplement.
| L’Association géorgienne des femmes en affaires a recruté Adolph, grâce au Service d’assistance canadienne aux organismes (SACO), pour diriger un stage de cinq jours de formation. SACO est un organisme à but non lucratif possédant 2 800 volontaires dans son répertoire. L’association, elle aussi une agence à but non lucratif, a fait équipe avec SACO, en 2004, pour travailler avec les groupes défavorisés, en aidant les entrepreneurs surtout des femmes, à démarrer de nouvelles entreprises. Maintenant, SACO et l’association ont envoyé Adolph au village, un camp de personnes déplacées à l’intérieur du territoire, pour former des personnes à intervenir auprès des gens déprimés et désespérés. Environ au même moment, Alan Davidson, volontaire pour SACO et expert en affaires agricoles, a travaillé avec des fermiers et des leaders dans la communauté à Gori. L’année précédente, Brian Crumblehulme, un expert en hospitalité, avait travaillé bénévolement dans une prison pour femmes, en aidant huit ex-prisonnières à trouver du travail ou à démarrer de petites entreprises dans leurs communautés. Une ancienne prisonnière avait commencé à travailler dans un petit hôtel et une seconde avait commencé à planifier la mise sur pied d’un gîte du passant.
Au camp de Gori, l’affectation de Rheba Adolph consistait à parler à un groupe de « travailleurs sociaux », qui savaient écouter et qui pourraient aider les autres à sortir des pires expériences qu’ils avaient vécues dans leur vie. Après la guerre russo-géorgienne de l’an dernier, l’Association géorgienne savait que les hommes, les femmes et les enfants dans le camp avaient besoin d’appui psychologique et social. Il n’y avait pas de travailleur social formé sur les lieux. Certains adultes voulaient démarrer une entreprise ¾ démarrer n’importe quoi ¾ et tous voulaient retourner à la maison, mais leurs maisons avaient été détruites, leurs terres étaient retournées en jachère et leurs carrières anéanties. Adolph et les bénévoles ont discuté de la façon de reconnaître les symptômes de traumatismes et comment aborder l’alcoolisme, la violence et le sentiment d’impuissance, tout comme les façons de parler d’espoir, si l’occasion se présentait. À la fin des séances, Adolph est revenue au Canada et treize femmes et deux hommes sont retournés pour aider leurs communautés dans le village de personnes déplacées à l’intérieur du territoire.
Les 25 employés de l’association géorgienne continuent le travail d’Adolph et celui des autres volontaires de SACO, qui se sont joints aux groupes défavorisés. Depuis leur collaboration avec SACO, surtout dans la région de Svaneti, l’association a aidé à démarrer ou agrandir 76 entreprises et à générer 130 emplois par année.
La principale initiative de l’association, cependant, est celle d’incubateur d’entreprises. Depuis cinq ans, avec l’aide stratégique des volontaires de SACO, elle est passée de l’offre de quelques cours de formation à l’offre de services pour 850 personnes. Elle a également contribué à établir la première banque dans la région de Svaneti. Avec l’appui de conseillers volontaires de SACO et des fonds de l’Agence canadienne de développement international, l’incubateur d’entreprises a fourni de la formation en gestion des affaires, des programmes de microcrédit, des services d’imprimerie, de la formation en tourisme et démarrage dans d’autres industries.
L’objectif a toujours été de fournir des services et de la formation aux groupes qui en ont le plus besoin. « Les quinze stagiaires se sont aidés en aidant les autres », de dire Rheba Adolph au personnel de SACO, à son retour au Canada. « Les travailleurs sociaux ont écouté avec une grande acuité, ils ont entendu ce qui n’était pas dit. » Durant le stage, les Géorgiens ont rapidement absorbé ce réflexe qui est au cœur du développement social.
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 Des enfants jouent dans un camp près de Gori.
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